Qui est responsable?


Le lâche assassinat d’un syndicaliste du LKP la nuit dernière en Guadeloupe n’a pas manqué de susciter les commentaires hypocrites du Préfet ou ceux plus mensongers et haineux de l’UMP, de certains élus et du Médef locaux, propos dirigés contre le mouvement social en cours et contre le LKP pour jeter le discrédit sur eux allant même jusqu’à leur imputer crapuleusement la responsabilité de la situation actuelle sur l’île !


Il est encore trop tôt pour connaître les circonstances exactes dans lesquelles a été commis ce meurtre dramatique mais il est à condamner sans aucune hésitation de quelque côté qu’il ait été perpétré et sans chercher à s’abriter derrière des faux-fuyants.


S’il a été provoqué par des gens ayant intérêt à donner une image criminelle du mouvement de grève générale – et il n’en manque pas – pour monter l’opinion publique contre lui, il est non seulement odieux mais rappelle à tous ceux qui n’avaient même pas songé à l’envisager que, dans ce genre de circonstances, des manipulations sont toujours possibles et toujours envisagées par les états qui veulent réprimer un mouvement populaire de cette ampleur ou par ceux qui veulent faire échouer des négociations qui les désavantageraient si elles aboutissaient.


S’il a été provoqué par une bande armée de jeunes barricadeurs, il est tout aussi inacceptable et doit être condamné sans aucune sorte d’ambiguïté. D’une part parce qu’il n’était ni justifié ni nécessaire de recourir à la critique des armes dans la phase actuelle du conflit. D’autre part parce qu’il est totalement invraisemblable que l’on puisse à ce point tirer à l’aveugle sans savoir qui l’on a en face de soi et donc de se tromper à ce point d’ennemi. Parce qu’ensuite ces actions de guérilla urbaine - si elles ont pu être utiles dans certaines situations historiques particulières – vont à l’encontre de toutes les proclamations du LKP et ne servent donc pas ses intérêts. Parce qu’enfin ces bandes armées détournent à leur profit purement personnel une situation – la grève et les barrages – qu’elles n’ont même pas contribué à faire naître et à laquelle elles ne participent que rarement, révélant ainsi un individualisme et un égoïsme forcenés jusqu’à se plaindre de l’entrave représentée pour leur trafic de drogue quand les luttes sociales présentes mettent au contraire en avant des valeurs de partage, de solidarité, de mise au service d’une communauté, etc. et qu’elles s’en excluent d’elles-mêmes !


D’un autre côté, l’exploitation qui en est faite en ce moment par les autorités ou les instances de domination et de répression est tout aussi écoeurante et méprisable. Elle est pourtant éminemment « éducative » à nos yeux car elle expose au grand jour, pour ceux qui en doutaient encore, leur désir de ne jamais céder, y compris devant le malheur de leurs opposants, en recourant à leurs habituelles bassesses et en n’écartant aucune manœuvre pour vaincre un mouvement touché dans sa chair.


Mais la véritable responsabilité des événements en cours c’est vous qui la portez, ignobles représentants d’une engeance qui souhaite maintenir éternellement son pouvoir sur ceux qui travaillent et souffrent non pour eux-mêmes mais pour le renforcement toujours plus important de votre richesse et qui n’hésitez jamais à les jeter quand ils ne vous servent plus. Sordide partie de la société qui parle sans cesse au nom des autres tout en les méprisant. Car c’est vous qui avez donné de faux espoirs à ce mouvement, c’est vous qui avez renié votre parole, c’est vous qui avez laissé se prolonger une situation que vous avez tout fait pour bloquer, c’est vous enfin qui avez les premiers décidé de recourir à la force contre une population jusqu’ici pacifique.


Vous avez sans cesse à la bouche l’expression de « prise en otage » dès qu’il s’agit de dénoncer un mouvement qui met en place le blocage d’une société qui lui est hostile. Mais qui prend réellement, constamment et durablement la plus grande part de la population en otage sinon vous ? Par l’exercice du pouvoir sans consultation ; par des décisions toujours unilatérales ; par la recherche constante de vos intérêts au détriment de ceux de la collectivité ; par votre volonté si tenace et si consciente de rendre toujours plus invivables nos conditions de vie soit par la falsification de nos aliments par exemple soit littéralement par l’empoisonnement programmé et pesé de notre environnement ; en résumé par l’économie que vous faites de la vie sociale d’une partie toujours plus croissante de la population pour ne garder que pour vous seuls la pratique d’une humanité que vous déniez aux autres. Mais, pour votre malheur comme pour le nôtre pour l’instant, la guerre sociale ne cessera jamais car sé pou la viktwa nou ka allé !

 


 

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